Le bonheur...L'hommes n'en entrevoit que des apparences, celles qu'essaie de lui donner le voisin. Mais n'enragez pas du bonheur du voisin. Il est pédophile, héroïnomane et schizophrère. Et par-dessus tout, il enrage de l'image d'harmonie absolue que vous et votre famille lui offrez en permanence. Il ignore que votre femme vous bat et que vos enfants ne sont pas de vous.
Le bonheur est une illusion d'optique, deux miroirs qui se renvoient la même image à l'infini. N'essayer pas de remonter à l'image d'origine, il n'y en a pas. Ne dites pas que le bonheur est éphémère. Le bonheur n'est pas éphémère. Le sentiment ressenti et pris pour le bonheur quand on est amoureux, quand on a réussi quelque chose, c'est le sursis avant de comprendre l'erreur, l'être aimé ne ressemble à rien, ce que vous avez réussi ne rime à rien. Cela ne vous rend pas malheureux, mais conscient[...]
Je porte la malédiction de la lucidité. Les yeux de mon esprit sont grands ouverts sur la vie et contemplent le vide[...]
comme il faut bien passer le temps et s'empêcher de penser, je m'occupe. Le plus futilement possible. La superficialité est l'unique panacée à ma déprime latente
[...]j'ai dix-huit ans et je porte des prada. Je suis une fille branchée[...]
Je suis une toxicomane de l'excès. Camée à la house, et au clinquant
Mondaine forcenée. Malsaine désespérée. Alcoolique et cocaïnée.[...]
J'ai noyée mes illusions dans des flots de champagne, je les ai inhumées sous des montagnes de coke, ma vertu s'est disloquée de bras en bras, de lit en lit...
Le revers de la médaille du rêve...Les couliesses de la fête...Je crache à la gueule de ce monde, mais il me possède entièrement. Et c'est la seule façon...
Je n'ai pas besoin de me donner bonne conscience, j'en ai pas.
Pourtant, je suis bien, chez moi. Je traîne en peignoir toute la journée, dans l'atmosphère viciée par les montagnes de clopes que je fume, je n'ouvre jamais la fenêtre. Je préfère crever asphyxiée que crever de froid. Je ne bouffe rien je n'ai pas faim. Pour me soutenir, je prends des Di-Antalvic, plus de gueule de bois, plus de courbatures, plus de migraine, pour me réveiller, je prends de la coke, plus de fatigue, plus de déprime. Les jours passent ainsi depuis trois mois. J'aime mon visage en ce moment; mes joues sont creuses, mes yeux ne brillent plus et sont dévorés par les cernes, mes lèvres sont incolores et ne savent plus sourire. Seuls mes cheveux sont restés les mêmes, longs, bruns et magnifiques, comme s'ils avaient absorbés toute la vie qui était en moi. Je suis maigre et si pâle sous les U.V...Mais j'aime cette apparence extoplasmique, je suis l'allégorie de ma propre déprime, l'incarnation du laisser-aller et du désespoir.
Je continurai à sortir, à taper, à boire et à persécuter des cons.
Jusqu'à ce que j'en crève.
L'humanité souffre. Et je souffre avec elle.



